Wouah !
On a fini par quitter notre petit coin de paradis côté Pacifique pour rejoindre la civilisation : en l'occurrence la ville coloniale de Oaxaca. A prononcer « Waraka » avec un jota espagnole. Au début quand Isabel ou d'autres gens en parlaient, je me demandais sincèrement de quelle ville étrange ils discutaient.

Petite parenthèse linguistique
Le problème du x au Mexique.
Nous, on dit Meksik. Eux, ils disent Meriko. Soit. Mais d'autres x se prononcent ch. Par exemple, il faut dire « Uchmal » pour le site d'Uxmal.

Autre parenthèse connaissance des habitants d'un pays
Vous vous souvenez quand on vous parlait de l'absence de logique des Guatémaltèques ? Les Mexicains sont différents. Eux, ils ont une nette tendance à répondre à côté de la plaque, voire pas du tout, voire en répétant la même chose plusieurs fois d'affilée, voire en disant le contraire dans deux phrases consécutives. Surréaliste. C'est assez inquiétant la première fois. Et très énervant quand ça se répète.

Exemple en situation.
Isabel : « Et c'est où le terminus de ton bus ? »
Le chauffeur : « Ce n'est pas ici. »
I « Oui, d'accord, mais tu vas jusqu'où ? »
Lui : « Quand on y sera, tu devras prendre un taxi pour rejoindre le centre »
I « Merci du renseignement mais je voudrais juste savoir où tu t'arrêtes »
Lui : « Plus que 5mn de trajet »
Sophie qui en rajoute : « Demande lui le nom de la gare ! »
Une passagère vient à la rescousse : « Il ne reste plus que trois rues à parcourir »

Autre exemple
Isabel : « C'est quoi ça ? »
[on est dans une chocolaterie, il y a des bacs remplis de chocolats différents dans tout le magasin]
La vendeuse, sure d'elle : « C'est du chocolat ! »
I « OK, mais je voudrais savoir la différence entre ce chocolat-là et les deux autres bacs à côté »
Le regard de la vendeuse s'est verrouillé : « Tu peux tous les manger nature, en les croquant »
I : « Oui, mais pourquoi celui-là, il est foncé et pâteux, alors que l'autre, il est plus clair et en poudre ? »
Disque rayé : « Tu peux tous les manger nature, en les croquant »
I : « Non mais, il y en a un plus amer que l'autre ? »
La vendeuse se réveille : « On en a des amers, semi-amers, nature, à la noisette, à la cannelle... »
I ne lâchant rien : « Et celui-là, il y a quoi dedans ? c'est un amer ?
La vendeuse : « Oui. »
I triomphante : « Et l'autre à côté, il est plus sucré alors ? »
La vendeuse : « Ah non, il est pareil »
I capitule ; « Bon, fais nous un chocolat chaud avec un de chaque »
En aparté à moi : « Comme ça, on verra bien la différence ! »
La vendeuse appelle à la rescousse la serveuse : « Tu veux quoi ?
- Un de chaque.
- Tu préfères pas deux de celui-là ?
- Non, un de chaque.
- Pas de problème. Deux de celui-là, donc.
- Non : un de ce bac et un autre de ce bac.
- OK, OK Deux de celui-là, donc. »
Nous avons mis longtemps à identifier la source du problème, mais nous y sommes : en fait, le Mexicain, très gentil et serviable par ailleurs, ne supporte pas d'être pris en défaut. Il est incapable de prononcer ces phrases simples : « je ne sais pas » ou « je n'ai pas ce que tu me demandes ». Il préfèrera alors inventer plutôt que d'avouer son impuissance.

Oaxaca, c'est très joli aussi : les maisons sont moins colorées ; par contre, les pierres sont davantage apparentes. L'ambiance y est très festive. Et il y a encore des Indiens : les fameux Zapotèques.

C'est aussi le fief du cactus. Donc... du mezcal. Goûté et approuvé par nos services bien-sûr ! Pour faire des économies, on a résolu de s'acheter carrément la bouteille qu'on se sirote chaque soir de retour à l'hôtel...
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